Guide indépendant · 2026
Faux conseiller bancaire : l'appel qui vide votre compte
Le numéro de votre banque s'affiche, un « conseiller » très professionnel vous fait « sécuriser » votre compte… et tout part. Ce qu'on ne vous dit pas : dans la plupart des cas, votre banque doit vous rembourser — et c'est à elle de prouver le contraire, pas à vous.
- L.133-18 remboursement dû
- 100% indépendant
- Sources officielles
Vos droits, en 30 secondes
« Vous avez validé l'opération, on ne peut rien faire. » C'est le refus type des banques. Il est très souvent contraire à la loi.
Une opération que vous n'avez pas réellement autorisée — même validée sous la manipulation d'un fraudeur — doit être remboursée immédiatement (article L.133-18 du code monétaire et financier). La banque ne peut refuser qu'en prouvant votre « négligence grave » — et cette preuve est à sa charge (article L.133-23).
Voir le plan d'action- 1
La banque doit rembourser
Opération non autorisée = remboursement immédiat, au plus tard à la fin du premier jour ouvré suivant votre signalement (L.133-18).
- 2
La preuve est à sa charge
C'est à la banque de prouver votre négligence grave (L.133-23). Vos codes utilisés ne suffisent pas à la démontrer.
- 3
Le spoofing joue pour vous
Cour de cassation, 23 oct. 2024 (n° 23-16.267) : si le numéro affiché était celui de votre banque, suivre le « conseiller » n'est pas une négligence grave en soi. Confirmé en juin 2025.
- 4
13 mois pour contester
Délai maximal après le débit (L.133-24). Mais agissez immédiatement : chaque heure compte pour bloquer les fonds.
La vidéo du guide
L'arnaque au faux conseiller, expliquée en 5 minutes
Comment l'arnaque se déroule, vos droits exacts, le plan d'action en 4 étapes et les 3 règles pour ne jamais tomber dans le piège — sans bla-bla.
▶ Voir la chaîneVictime ? Le plan d'action en 4 étapes
Dans l'ordre, sans paniquer. Objectif : bloquer les fonds, créer les preuves, déclencher l'obligation de remboursement.
Gardez une trace écrite de chaque démarche (dates, heures, captures d'écran, noms des interlocuteurs) : c'est votre dossier en cas de refus.
Les 3 règles anti-arnaque- 1
Opposition immédiate
Appelez vous-même votre banque (numéro au dos de votre carte) pour faire opposition et signaler la fraude. Changez vos codes d'accès dans la foulée.
- 2
Contestation écrite
Contestez les opérations par écrit (courrier recommandé ou messagerie sécurisée de l'app) en demandant le remboursement au titre de l'article L.133-18.
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Signalement Perceval + plainte
Signalez la fraude carte sur Perceval (service-public.fr) et déposez plainte. Le récépissé renforce votre dossier face à la banque.
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Escalade si refus
Refus de rembourser ? Réclamation écrite citant L.133-18, L.133-23 et l'arrêt du 23 oct. 2024, puis médiateur bancaire (gratuit), puis justice.
Les 3 règles pour ne jamais tomber dans le piège
Le numéro affiché ne prouve rien : il se falsifie en quelques clics (spoofing). Ces trois réflexes suffisent.
Raccrochez, et rappelez vous-même
Votre « conseiller » vous appelle pour une urgence ? Raccrochez et rappelez le numéro officiel au dos de votre carte, depuis un autre téléphone si possible. Un vrai conseiller comprendra ; un fraudeur insistera pour vous garder en ligne.
Ne validez jamais une opération que vous n'avez pas initiée
Aucune banque ne vous demandera jamais de valider une opération dans votre app, de communiquer un code reçu par SMS ou votre code secret « pour annuler une fraude ». Toute validation demandée par téléphone = arnaque, sans exception.
L'urgence est le signal d'alarme
« Votre compte est attaqué, il faut agir maintenant » : la pression temporelle est l'outil n°1 du fraudeur. Une vraie banque bloque elle-même les opérations suspectes — elle n'a pas besoin de vous au téléphone pour ça.
Questions fréquentes
Ma banque est-elle obligée de me rembourser après une arnaque au faux conseiller ?
Dans la plupart des cas, oui. L'article L.133-18 du code monétaire et financier impose à la banque de rembourser immédiatement toute opération de paiement non autorisée — au plus tard à la fin du premier jour ouvré suivant votre signalement. La banque ne peut refuser que si elle prouve une « négligence grave » de votre part ou une fraude de votre fait.
Qu'est-ce que la « négligence grave » et qui doit la prouver ?
C'est le seul motif légal de refus de remboursement (hors fraude de la victime). Et c'est à la banque de la prouver, pas à vous de prouver votre prudence : l'article L.133-23 met la charge de la preuve sur l'établissement. Le simple fait que l'opération ait été validée avec vos codes ou votre application ne suffit pas à établir une négligence grave.
Le numéro qui s'affichait était celui de ma banque (spoofing) : ça change quoi ?
Beaucoup. Par un arrêt du 23 octobre 2024 (n° 23-16.267), la Cour de cassation a jugé que la victime d'un appel avec le numéro affiché de sa banque (spoofing) était moins à même de se méfier — la négligence grave ne peut pas se déduire du seul fait d'avoir suivi les instructions du faux conseiller. Cette position a été confirmée en juin 2025. Mentionnez cet arrêt dans votre réclamation.
Quel délai pour contester les opérations frauduleuses ?
Signalez sans tarder dès que vous constatez la fraude. Le délai maximal pour contester une opération non autorisée est de 13 mois après la date de débit (article L.133-24). Mais chaque jour compte : plus le signalement est rapide, plus la banque peut bloquer les fonds.
Ma banque refuse de rembourser : que faire ?
Envoyez d'abord une réclamation écrite au service client en citant les articles L.133-18 et L.133-23 et l'arrêt du 23 octobre 2024. Sans réponse satisfaisante sous 2 mois, saisissez gratuitement le médiateur bancaire (coordonnées obligatoirement fournies par votre banque). En dernier recours : signalement à l'ACPR et action en justice — la jurisprudence récente est favorable aux victimes de spoofing.
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